Canicules: traiter les causes, pas seulement les symptômes

Canicules: traiter les causes, pas seulement les symptômes

S’adapter au réchauffement climatique est devenu inévitable. Pourtant, il sera impossible de climatiser nos champs, nos forêts ou nos glaciers.

Partout ou presque en Europe l’été a été caniculaire, marqué par de fortes chaleurs et la sécheresse. En Suisse et dans notre canton aussi, les effets de ce dérèglement climatique se font sentir, impactant la santé de la population, augmentant le nombre de décès, privant les agriculteurs d’eau, mettant à rude épreuve le corps des ouvriers, menaçant les peuplements forestiers qui protègent nos villages et faisant fondre nos glaciers à vitesse grand V.

Il faudra pourtant s’habituer à ces conditions qui correspondent à ce que les scientifiques annoncent depuis longtemps. Il faut donc prendre des mesures d’adaptation. Parmi celles-ci on parle beaucoup de la climatisation. On arrive en effet à des niveaux de chaleur où la qualité de vie et la santé de la population sont en jeu. Il faut garantir des conditions de température supportables, notamment pour les malades dans les hôpitaux, les aînés dans les homes et les élèves dans les écoles, mais aussi pour les personnes qui vivent dans des logements surchauffés.

La climatisation: une fausse bonne solution ?

Cette réalité a poussé de nombreux citoyens à s’équiper de climatiseurs mobiles. Or, ces appareils sont polluants, énergivores et réchauffent paradoxalement l’air extérieur, aggravant le phénomène qu’ils sont censés combattre. Il vaudrait donc mieux dès maintenant intégrer dans les standards de construction et de rénovation des mesures de climatisation passive comme l’ombrage des fenêtres ou l’optimisation de la ventilation naturelle, et si celles-ci ne sont pas possibles ou insuffisantes, l’installation de climatiseurs, dont l’autorisation peut être couplée à une obligation de recourir à de l’énergie renouvelable pour leur fonctionnement.

On ne peut pas tout climatiser

La climatisation ne traite que les symptômes. Elle ne s’attaque pas aux racines du mal. Surtout, elle a des limites physiques évidentes: comment climatiser nos forêts, nos terres agricoles ou nos terrains de sport?

En parallèle des mesures d’adaptation, nous devons accélérer l’atténuation du changement climatique. Cela implique une décarbonation rapide de notre société et de notre économie, ainsi qu’une réduction de notre frénésie consumériste. Sans cela, le réchauffement rendra certaines zones de notre canton inhabitables, multipliant les événements extrêmes : écroulements rocheux, laves torrentielles et inondations.

Agir maintenant pour éviter l’explosion des coûts

La bonne nouvelle, c’est que les mesures qui favorisent à la fois l’adaptation et l’atténuation existent: la végétalisation des zones urbanisées, la restauration des zones humides, l’agroforesterie ou la rénovation thermique des bâtiments.

Toutes les études montrent que les coûts de l’inaction en matière de réduction des émissions de GES seront bien plus élevés que ceux d’une action volontariste pour sortir des énergies fossiles. Plus nous attendons, plus les coûts vont prendre l’ascenseur. Malheureusement, malgré l’adoption par le peuple de la Loi Climat en 2023, le Conseil fédéral et le parlement ont pris la direction inverse ces dernières années et les objectifs suisses de réduction de CO2 pour 2030 ne seront clairement pas atteints.

Mobilisons-nous pour l’habitabilité de notre pays

Après cet été caniculaire, les inondations de juin 2024 et la tragédie de Blatten l’an dernier, il est temps de passer à l’offensive.

Je vous invite à rejoindre les mouvements, associations et partis qui luttent pour la protection du climat. Rejoignez la rue fin septembre avec l’alliance «Pas d’été à 50 degrés!» pour exiger des mesures urgentes contre les vagues de chaleur.

Il n’est pas trop tard, mais il est temps d’agir.

Candidature aux élections fédérales de 2027

Candidature aux élections fédérales de 2027

Après y avoir bien réfléchi cet été, j’ai annoncé à la direction de mon parti que je souhaite repartir sur le chemin d’un nouveau mandat à Berne. Je me porte donc candidat aux élections fédérales de 2027. 

L’été caniculaire que nous venons de vivre montre une fois de plus la nécessité d’une réorientation de nos modes de consommation et de production. Une voix verte au parlement fédéral est d’autant plus importante pour un canton de montagne comme le Valais, marqué par la recrudescence d’événements météorologiques extrêmes qui interrogent son habitabilité, jusque sur ses propres sentiers.

La législature en cours m’a aussi permis d’engranger certains succès qui me donnent l’élan de poursuivre mon engagement:

  • ⁠Interdiction des cigarettes électroniques jetables (puffs), fléau sanitaire et environnemental
  • Soutien financier pérenne par la Confédération des organisations d’importance nationale actives dans les domaines de la santé mentale et la prévention du suicide et des violences, comme par ex. la Main Tendue
  • Réalisation d’un rapport sur la prévalence de l’inceste en Suisse et sur les mesures pour combattre ce fléau sous-estimé
  • Adoption d’une stratégie nationale de la consommation d’eau (qui doit encore être traitée par le Conseil des Etats)

Je me suis aussi engagé sur d’autres thématiques comme la lutte contre l’idéologie masculiniste, la protection de la santé contre les PFAS et les pesticides, une nouvelle centrale nucléaire qui ne profiterait qu’aux énergies fossiles ou encore le maintien du soutien au photovoltaïque sur les toits et contre la défiguration de nos paysages par les grands parcs solaires alpins .

Après deux législatures qui m’ont permis de tisser un réseau à Berne, j’aimerais pouvoir poursuivre mon action pour un monde meilleur, en particulier dans le domaine des relations hommes-nature et dans celui de la protection de l’enfance.

En savoir plus:
Toutes mes interventions parlementaires

Articles:
Le parlement rouvre la porte du nucléaire. Qui en profite, au juste?

Le masculinisme, nouvelle menace toxique pour l’égalité

 

Le parlement rouvre la porte du nucléaire. Qui en profite, au juste?

Le parlement rouvre la porte du nucléaire. Qui en profite, au juste?

Non à une décision qui fait les affaires du lobby fossile et qui pénalise l’hydroélectricité.

Une stratégie qui fonctionne, malgré ce qu’on entend

Rouvrir la porte du nucléaire revient à remettre en cause la Stratégie énergétique 2050, acceptée par le peuple en 2017. Or cette stratégie porte ses fruits: la Suisse a atteint, avec dix ans d’avance, les objectifs qu’elle s’était fixés pour 2035. Ces objectifs ont certes été relevés depuis, avec la loi sur l’électricité adoptée il y a deux ans. Mais cette loi vient à peine d’entrer en vigueur et n’a pas encore déployé ses effets.

Affirmer aujourd’hui que la Stratégie énergétique 2050 est un échec, et que le développement des renouvelables ne fonctionne pas, relève donc de la désinformation. Un seul exemple: tous les deux ans, la nouvelle production photovoltaïque équivaut à celle d’une des deux centrales de Beznau. Et l’on ne parle même pas de l’énorme potentiel d’économies d’énergie, qui reste inexploité faute de volonté politique. Les défis sont réels — réseaux, stockage, gestion intelligente — mais les solutions existent.

Une fausse pénurie, et à qui elle profite

C’est pourtant cette fake news qui s’installe peu à peu dans le débat, portée par le lobby nucléaire et soutenue en sous-main par le lobby fossile. Ce dernier a tout intérêt à entretenir l’idée que la Suisse va manquer d’électricité. Car la décision du parlement n’est pas un simple principe de précaution qui lèverait l’interdiction de construire au cas où le pays en aurait besoin un jour. Elle crée de l’incertitude sur le marché, ralentit les investissements dans les renouvelables et permet au lobby fossile de vendre son pétrole et son gaz plus longtemps.

L’hydroélectricité, première victime

Une étude qui vient de paraître, réalisée par la HES-SO Valais, le confirme: l’arrivée d’une nouvelle production nucléaire ferait baisser les prix de gros et raréfierait les heures de prix élevés — précisément celles dont dépend la rentabilité des opérateurs hydroélectriques. Le manque à gagner annuel pour le parc hydraulique suisse pourrait atteindre plusieurs centaines de millions de francs. Dès lors, vaut-il la peine d’investir pour quatre-vingts ans dans un barrage, si sa production doit être concurrencée par du nucléaire dans quelques décennies?

On peine à comprendre que des parlementaires bourgeois des cantons alpins aient soutenu ce retour du nucléaire, qui fragilise une économie hydroélectrique si précieuse pour les régions de montagne.

Une facture, et personne pour dire qui la paiera

Quant aux coûts et au financement d’une nouvelle centrale, ils n’ont pas intéressé le parlement. La population devra donc se prononcer sans savoir qui paiera l’addition — alors que tout le monde s’accorde sur un point: aucune centrale ne verra le jour sans un soutien financier massif de l’État.

Dépendance, risque et déchets: ce qu’on préfère oublier

Le nucléaire, c’est aussi prolonger notre dépendance à l’uranium importé d’États autoritaires ou instables, comme la Russie ou le Kazakhstan. C’est encore accepter le risque d’un accident majeur, même si la mémoire collective a tendance à ranger Tchernobyl et Fukushima au rayon des vieux souvenirs. Et c’est toujours, cinquante-sept ans après la mise en service de notre première centrale, repousser la question des déchets radioactifs, pour lesquels aucune solution n’a été trouvée.

Signez le référendum

Le référendum est lancé.  Je vous encourage à le signer pour que la population puisse se prononcer sur cette remise en cause de la stratégie énergétique nationale qui fragilise le développement des énergies renouvelables et la protection du climat.

Service civil : une réforme inutile qui affaiblit la collectivité sans renforcer l’armée

Service civil : une réforme inutile qui affaiblit la collectivité sans renforcer l’armée

La modification de la loi sur le service civil, présentée comme un renfort pour l’armée, risque en réalité de priver nos hôpitaux, nos EMS et l’agriculture de montagne d’une force vive essentielle, sans pour autant garantir un seul soldat supplémentaire. Décryptage d’une fausse bonne idée qui met en péril des services publics indispensables et la sécurité alimentaire de la Suisse.

En 2020, le Parlement fédéral a enterré la modification de la loi sur le service civil, car ce projet aurait simplement affaibli cette institution sans pour autant renforcer l’armée, ce qui était pourtant l’objectif initial de la réforme. Cinq ans plus tard, le projet revient presque à l’identique sur la table. Une nouvelle fois, ce texte ne renforce pas l’armée mais affaiblit le service civil : nous parlons ici d’une réduction de 40 % des effectifs !

Or, le Conseil fédéral l’a admis lui-même : il ne peut garantir une augmentation des effectifs de l’armée, puisque beaucoup de jeunes choisiront de se faire reconnaître médicalement inaptes au service s’ils n’ont plus la possibilité d’effectuer le service civil. De plus, la loi prévoit que l’armée suisse vise un effectif réglementaire de 100 000 militaires en service actif, avec un maximum fixé à 140 000 personnes astreintes. Aujourd’hui, cet objectif est largement atteint, puisqu’en 2025, l’effectif de l’armée dépasse le plafond légal pour atteindre près de 147 000 personnes.

L’année passée, ce ne sont pas moins de 430 000 heures de travail qui ont été fournies par les civilistes pour l’agriculture suisse.

Les civilistes sont des personnes aptes au service militaire qui, pour des raisons de conscience, accomplissent un service de remplacement. Celui-ci dure 1,5 fois plus longtemps que le service militaire. En 2025, 1,9 million de jours de service civil ont été effectués. Tout comme les militaires, les civilistes contribuent à leur manière à la sécurité de la population. Nous l’avons constaté lors de la crise du COVID, où les civilistes étaient en première ligne aux côtés du personnel soignant dans les hôpitaux et les EMS. De même, lorsque la Russie a envahi l’Ukraine, les civilistes ont travaillé dans les centres d’asile pour accueillir les réfugié·e·s ukrainien·ne·s.

Les civilistes au soutien de l’agriculture

Dans l’agriculture, les civilistes contribuent à la sécurité alimentaire du pays et à l’économie alpestre en soutenant nos paysans de montagne. L’année passée, ce ne sont pas moins de 430 000 heures de travail qui ont été fournies par les civilistes pour l’agriculture suisse. Beaucoup de petites exploitations agricoles seraient en grande difficulté sans eux, car la charge de travail deviendrait insupportable et les rendements trop faibles. C’est d’ailleurs l’une des raisons qui a convaincu l’Association suisse des petits paysans de dire clairement non à cette loi. Même l’Union suisse des paysans a décidé de laisser la liberté de vote, bien qu’elle soit très proche des milieux de l’armée.

Les prestations du service civil sont très utiles dans les établissements médico-sociaux, les hôpitaux, les écoles, les institutions s’occupant de personnes en situation de handicap ou encore les institutions culturelles. Le travail des civilistes bénéficie également à la préservation des paysages et au tourisme dans notre canton. Par exemple, l’année passée, plusieurs civilistes ont restauré le mur en pierres sèches historique le long de l’Albinenweg, dans le Parc naturel régional du Bois de Finges, contribuant ainsi au maintien de l’attractivité touristique de ce paysage.

Un besoin réél au service de la collectivité

Les personnes effectuant leur service civil interviennent là où les ressources en personnel qualifié manquent et contribuent ainsi au fonctionnement quotidien d’institutions essentielles à notre pays. Elles ne prennent donc pas la place de personnes au chômage. Au total, il y a en Suisse 15 770 places d’affectation disponibles dans plus de 4 200 établissements, ce qui démontre que le service civil répond à un besoin réel de nombreuses structures.

Le service civil contribue donc au bon fonctionnement de notre pays et mérite d’être maintenu dans sa forme actuelle. Ne nous laissons pas duper par cette loi qui prétend renforcer l’armée. Tout ce qu’elle fera, c’est réduire le nombre de jours de service civil accomplis pour des tâches utiles à la collectivité et augmenter le nombre de jeunes déclarés inaptes au service militaire.

Tout comme les Vert·es suisses, j’en appelle à voter Non à cette modification de la loi.

La richesse de la Suisse, c’est aussi ses paysages et sa nature

La richesse de la Suisse, c’est aussi ses paysages et sa nature

La véritable richesse de la Suisse ne figure sur aucun bilan bancaire. Ce sont sa diversité paysagère et ses milieux riches en espèces, les prairies, les lacs, les rivières, les forêts de feuillus et de conifères, ou encore les paysages rocheux qui côtoient parfois les glaciers, la liste est longue. Par rapport à 2010, la biodiversité se porte mieux, mais il reste encore une grosse marge de progression.

Pourtant, il y a longtemps que cette richesse, devenue très fragile, ne va plus de soi. Depuis le milieu du XXe siècle, l’utilisation intense des terres, une consommation élevée des ressources, la pression urbaine et les apports d’azote ont significativement modifié les cycles naturels. De précieux milieux ont fortement régressé ou se sont vus transformés. Un des exemples les plus marquants est la disparition des marais, dont la surface totale a diminué de 95% depuis 1900.

Cette évolution fait l’objet de la dernière publication de l’Académie suisse des sciences « Comprendre et agir pour la biodiversité », qui présente l’état de la biodiversité en Suisse et les changements qu’elle a subis, en particulier ces 15 dernières années. Le rapport souligne que la promotion de la biodiversité peut être couronnée de succès lorsqu’on la met en œuvre de façon ciblée et cohérente.

Des signaux positifs, enfin

La situation s’est ainsi améliorée pour de nombreuses espèces. C’est le cas du pic vert, de la mésange bleue ou du martin-pêcheur, qui ont vu leur population croître à nouveau, après des décennies de déclin. Le fait est que nous sommes déjà capables d’exploiter les milieux des paysages cultivés d’une manière favorable à la biodiversité. 

Et à cela s’ajoutent les nouvelles pratiques urbanistiques, comme la création de rues-jardin dans nos villes et villages. Ces rues-jardins offrent des habitats à de nombreuses espèces végétales et animales au milieu d’une zone résidentielle bétonnée. Ces rues, constituées d’espèces indigènes et résistantes aux extrêmes climatiques, rendent nos quartiers plus agréables en offrant une climatisation naturelle et en réduisant les risques liés aux inondations.

Les pressions restent là, et certaines passent sous les radars

Ceci dit, la biodiversité en Suisse continue de subir des pressions diverses se renforçant les unes les autres : utilisation intensive du sol, pollution, espèces exotiques envahissantes, changement climatique.

Parmi ces différentes pressions il en est une qui passe presque inaperçu : le soutien financier de l’Etat pour des activités dommageables pour la biodiversité, par exemple dans le domaine de l’énergie ou des transports. Dans une étude réalisée en 2020, l’Institut de recherche WSL a identifié 162 subventions, allégements fiscaux et autres incitations financières ayant un impact négatif sur la biodiversité. Supprimer ces subventions nocives aurait un effet doublement positif, puisque cela permettrait non seulement de préserver la biodiversité encore présente, mais aussi de libérer des moyens pour restaurer et renforcer les milieux détériorés et ainsi la qualité et la richesse biologique de nos paysages.

La biodiversité est vitale et fondamentale. C’est de l’eau propre, des sols fertiles, la régulation du climat, la santé, la protection contre les dangers naturels, et la qualité de vie. Des progrès ont été réalisés ces dernières années et il faut continuer et intensifier les efforts actuels. Mais ce n’est pas encore gagné : les décisions récentes prises par le parlement visant à affaiblir la protection des eaux ne vont malheureusement pas dans le bon sens…

 

Pas de démocratie sans information : non à l’initiative SSR !

Pas de démocratie sans information : non à l’initiative SSR !

Le 8 mars, nous voterons sur l’initiative SSR « 200 francs, ça suffit ». Son acceptation mettrait en péril la cohésion nationale et porterait un coup sévère aux minorités linguistiques et géographiques.

Peut-être avez-vous regardé le téléjournal une ou deux fois depuis le début de l’année. Ou suivi une émission sportive, un film, un débat politique. Peut-être même avez-vous écouté un podcast sur les résolutions du Nouvel An. Si c’est le cas, vous faites partie, comme moi, de la vaste majorité des Suissesses et Suisses qui consomment régulièrement les contenus de notre service public audiovisuel, la SSR.

Présente dans toutes les régions du pays, la SSR nous informe, nous divertit et nous offre un accès équitable à des contenus riches et variés, dans toutes les langues nationales. Cette offre de grande qualité est aujourd’hui gravement menacée.

L’initiative « 200 francs, ça suffit » n’est rien d’autre qu’une attaque frontale contre le service public tel que nous le connaissons. Ramener la redevance à 200 francs par an provoquerait des pertes financières massives pour la SSR. Concrètement, cela se traduirait par la suppression de nombreux programmes, la disparition de certaines chaînes ou rédactions locales, et la perte de milliers d’emplois dans les médias, la culture et le sport.

Les plus grandes organisations sportives du pays – Swiss Olympic, l’Association suisse de football, et bien d’autres – s’opposent d’ailleurs fermement à cette initiative. Et pour cause : sans SSR, plus de retransmissions sportives gratuites, moins de visibilité, et donc un effondrement du soutien des sponsors. Le monde culturel subirait le même sort.

Rappelons aussi que la redevance a déjà fortement baissé ces dernières années, et continuera de le faire jusqu’en 2030 pour atteindre 300 francs. La SSR est donc déjà contrainte de faire des économies importantes. Son budget aura diminué de 20% d’ici la fin de la décennie. Des émissions sportives du soir ont déjà disparu, tout comme certains formats courts. Et cela ne fait que commencer. Si l’initiative passe, les coupes seront d’une telle ampleur qu’il deviendra impossible de maintenir des studios en Romandie, au Tessin et dans les régions périphériques.

Tout risque d’être centralisé à Zurich. Le Valais et les autres régions dites périphériques ont tout à y perdre.

Enfin, et c’est peut-être le plus grave, l’accès à une information fiable, vérifiée et indépendante est lui aussi menacé. Dans un monde saturé de fausses nouvelles et de contenus générés par l’intelligence artificielle, la SSR constitue un rempart essentiel contre la désinformation. Elle garantit un débat démocratique sain et permet à chacune et chacun de se forger une opinion éclairée.

Pour toutes ces raisons, il est fondamental de défendre notre audiovisuel public, pilier de la démocratie, moteur de notre vie culturelle, et ciment de notre diversité. Le 8 mars prochain, je voterai clairement NON à l’initiative « 200 francs, ça suffit ».

Christophe Clivaz